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Défi: faillite de la démocratie représentative?

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J'ai participé en 2017 à la mise en place d'un mouvement politique qui n'a jamais percé entre autres faute de moyens financiers, qui auraient permis de contourner un manque de médiatisation.
Ce qui fait principalement la différence entre ces mouvements et un parti politique "qui compte" dans les médias est sa facilité à se relancer d'une élection à l'autre en créant des élu(e)s grâce aux subsides. Un parti "qui existe" aura donc toujours 50 longueurs d'avance sur un mouvement qui se crée.

Comme je l'expliquais dans l'article précédent, j'aime assez les valeurs de Défi, même si j'ai un problème avec son fonctionnement interne depuis des années. Ce jour, ce parti a élu son président.  Ce président (et je suis content que ce soit le philosophe qui ait été choisi) va donc accéder à tous les leviers de pouvoir, pouvoir faire et défaire certaines majorités, faire et défaire des personnes "politiquement médiatiques" et pa…

Défi, ce parti qui doit renaître autrement, ou aller vers une niche...

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Jeudi dernier, j'entendais à la radio que pour son débat d'élection présidentielle dans la capitale de la Wallonie, Défi n'avait rameuté que 80 membres. Quelque part, ça m'attriste. En effet, les valeurs que ce parti dit défendre me semblent proches des miennes.  Défi semble se positionner comme un parti social-libéral à visée humaniste, ce qui me correspond dans les grandes lignes.  

Je n'ai néanmoins jamais voté pour Défi car il représente en même temps des valeurs dans lesquelles je ne me reconnais absolument pas: Le parti de la médiatisation d'un seul homme pendant une vie politique entière: le "parti Maingain", son fiston ayant en plus déjà bénéficié du nom paternel.Le parti d'un homme qui remettait toujours au lendemain son décumul et qui s'appliquait rarement les bonnes idées que son parti défendait dans les médias (salaires, décumul, limitation des carrières dans la durée, fin des dynasties, etc.)Un parti majoritairement bruxellois qui…

Le vrai perdant des élections au MR, c'est le progrès...

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Les médias et les candidats pourront dire ce qu'ils veulent, les maths sont les maths et les candidats étaient les candidats.
Dans ce bel exercice de démocratie qu'à oser présenter le Mouvement Réformateur (mais avait-il une alternative?), le choix se portait sur des personnes qui représentaient des courants de pensées divers.

Le positionnement que les médias présentaient (et ne soyons pas naïfs, c'est ce que les militants retiennent) était le suivant:
- Un candidat "ex-rebelle" qui semble avoir fait amende honorable suite au poste de sénateur coopté qu'on lui a donné et qui était définitivement catalogué "candidat de l'appareil" et par conséquent de la particratie.
- Un candidat "Francken wallon" qui se positionnait comme dans la ligne "dure" du parti et comme le candidat des militants qui s'opposait aux "barons" du parti.
- Une candidate qui se positionnait comme la défenseur du libéralisme social, du progres…

Le mandat est donné par l'électeur, pas le militant ou le président...

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Il y a des choses qui paraissent évidentes pour tout un chacun en politique qui, moi, me heurtent au plus haut point.  Une de ces choses est le pouvoir donné aux militants dans notre système représentatif.

Quand j'entends que chez Ecolo, la "démocratie interne" fait que le choix des ministres se fait parfois à 2h du matin au vote "des militants", cela sous-entend que la personne qui va pouvoir faire évoluer la société sur base d'un mandat donné par un pourcentage non négligeable de la population lors d'élections va être choisi par une toute petite minorité de personnes, sans doute même pas représentative de l'ensemble des militants du parti et donc à des années lumières potentielles de l'avis de l'ensemble des électeurs.
Quand j'entends qu'au PS, le candidat président est élu avec 95% des voix des militants présents (30% du total) alors qu'à une époque, son profil était considéré comme "trop bourgeois", "pas assez…

Rêver une recomposition politique wallonne

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Le monde politique a changé,  La séparation "gauche-droite" est surannée.  Elle mourra petit à petit. Ce que je vais essayer de démontrer ci-dessous au niveau wallon, je l'ai lu ce matin dans un superbe plaidoyer contre une certaine vision qu'a la droite.  Je vous le conseille vraiment.  C'est le discours de Raphaël Enthoven à la «Convention de la droite».  Je me devais d'insérer cette introduction, car si elle n'a qu'un lien indirect avec mon espérance qui viendra ci-dessous, elle part des mêmes réflexions.

Le nouveau gouvernement wallon - celui de la fédération Wallonie-Bruxelles peut être mis dans la même logique - essaye d'être porteur d'espoir.  Les profils qui ont été choisis pour le composer sont relativement neufs. Bien évidemment, on a loupé LE geste qui aurait donné une image disruptive, en mettant à sa tête un Elio Di Rupo qui représente tout ce que l'ancienne politique a fait de plus traditionnel: que ce soit son passage comme…

Tuer la particratie, deuxième nécessité pour améliorer la politique

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Avant tout, qu'est-ce que la particratie?
Si on regarde la définition du dictionnaire, cela désigne - le plus souvent avec une connotation négative en français, en italien (partitocrazia) et en espagnol (partidocracia) - une forme de gouvernement au sein duquel le pouvoir serait exclusivement détenu par des partis politiques.
En ce qui me concerne, la particratie est tout ce qui lie les mains des personnes affiliées à un parti et qui les empêche d'avoir une certaine liberté d'expression en dehors des dogmes du parti ou qui permet au parti d'obliger les élus et mandataires à suivre les directives sans coup férir en jouant sur d'éventuels pertes d'avantages, voire simplement de conservation de ses revenus.


Quels sont les arguments contre cette particratie?
1. l'omnipotence des président(e)s de partis est le premier problème qui est inacceptable avec ce système.  En effet, les décisions importantes sont prises par les responsables de parti: que ce soit au nivea…

Le décumul intégral, première nécessité pour améliorer la politique

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Pour commencer, qu'est-ce que le décumul intégral?  Politiquement, cela représente le fait qu'une fonction exécutive locale (bourgmestre, échevin, président de CPAS) ne pourrait plus être exercée avec celle de député. En ce qui me concerne, cela doit aller plus loin: toute activité politique qui est considérée comme demandant un temps plein ne devrait pas être cumulable avec une autre activité qui demande un investissement plus qu'épisodique.


Pourquoi pas? Avant tout, tuons tout de suite le système de défense des opposants au décumul qui avancent l'idée selon laquelle il serait nécessaire pour "avoir de meilleurs échanges entre les niveaux de pouvoir". Heu, nous sommes en 2019: il y a un million de manières de se tenir au courant de ce qu'il se passe ailleurs que dans son job.  Vouloir faire croire qu'une personne ne peut s'informer autrement qu'en cumulant, c'est faire abstraction des partages coopératifs en équipe, des médias, des réseaux…