Faillite de la démocratie: et après?

Bien évidemment, c'est sans doute un peu poujadiste/populiste (choisissez le mot selon que vous êtes journaliste ou homme politique) mais il semble clair que la crise du corona virus a démontré par l'exemple toutes les limites de la démocratie/particratie (choisissez le mot selon que vous êtes politologue ou citoyen engagé).

En effet, quelle plus belle démonstration de l'échec de notre système permettant:

  • la mise au pouvoir de gens qui ont pour seule qualité d'être "élu" (soit d'avoir été porté par un parti ou une bonne campagne de presse).  Ils n'ont ni les capacités intrinsèques, ni la formation, ni l'expérience pour gérer ce genre de problème;
  • les prises de décisions par des gens qui n'ont ni la prise de recul, ni les compétences multiples permettant de comprendre les tenants et les aboutissants de leurs choix;
  • la sécurisation d'informations personnelles pour des raisons issues de dérives de vieilles guerres mondiales ou de romans de science-fiction arrosés de complotisme qui empêche un suivi et un traçage des gens au bénéfice du plus grand nombre;
  •  le besoin de compromis, voire de compromissions dans un système de coalition permettant à tous de sauver la face mais donc à personne d'agir fortement pour changer radicalement les processus qui ne marchent pas;
  • la mise en avant dans tous les médias de personnes choisies à la base par un tout petit nombre de citoyens (pour exemples, le président de Défi a été élu avec 336 voix sur 543 votants et au premier tour, le président du MR était soutenu par 25% des 56% des +/- 23500 militants en ordre de cotisation, soit un bon ... 3200 personnes). 
  • La survie de lasagnes institutionnelles pour faire plaisir aux amis des amis de certains constitutionnalistes alors que tout démontre que ce qui déconne en premier lieu, c'est le manque d'un pilote compétent aux commandes de l'avion.  En effet, même si les reproches précités étaient injustes et qu'on pouvait avoir des élus capables, ils se perdraient dans les méandres des discussions inter-comités.
Alors, n'étant pas de ceux qui se plaignent d'un système sans proposer d'alternatives, je ne vois que deux solutions qui changeraient complètement ces principes:
  • Mettre en place un système politique fort.  C'est de plus en plus ce que l'on entend dans certains milieux qui n'ont sans doute pas connu les dérives desdits pouvoirs forts (ou qui ont l'espoir de pouvoir en profiter par le statut de leur naissance).
    Il est vrai que pour lutter contre une pandémie, rien de tel à priori qu'une Chine ou une Russie qui semblent avoir d'excellents résultats en limitant toutes les libertés pour un temps afin de permettre un relâchement par après.  Mais en est-on certain? Dans ces pays, il n'y a ni liberté d'opposition, ni liberté de la presse.  On peut donc se demander si on sait tout sur ce qu'il s'y passe ou simplement, si les chiffres qu'ils présentent sont un tant soit peu crédibles.
    Enfin, on sait très bien que pouvoir fort veut dire hommes forts et alors que le constat fait aujourd'hui est qu'avec des élus incompétents, la société dysfonctionne, croire qu'avec des dictateurs ayant encore moins à prouver de compétences et de capacités cela irait mieux est simplement irrationnel et illogique!
  • Abandonner la démocratie représentative pour la remplacer par un autre type de démocratie.  Deux sont intéressantes: la démocratie directe à la Suisse lorsque l'on met le pouvoir dans les mains du peuple et la démocratie délégative (ou liquide) à l'Allemande lorsque l'on met le pouvoir dans un mix entre le peuple qui doit débattre et des délégués dont le poids fluctue selon les débats.
    J'avais encore un débat politique ce jeudi (en tant que co-fondateur d'un ancien mouvement citoyen disparu) dans le cadre du processus IFBD et le problème avancé pour refuser ces solutions est toujours le même: le fait que "le citoyen" ne soit pas prêt à se prendre en main et que ces défauts que l'on retrouve parmi nos élus (incompétence dans les domaines, manque d'expérience du sujet, dogmatisme) sont principalement dus à des failles humaines.  Ils se retrouveraient encore plus exacerbés dans ces systèmes où en plus, il n'y aurait plus de personnes à "pointer du doigt" aux commandes, ce qui liquéfierait la responsabilité.
    Il est difficile d'aller à l'encontre de ces arguments de bon sens, même si actuellement, en terme de responsabilité, le système actuel démontre chaque jour que si la seule sanction possible est à l'élection suivante, rien ne se passe en cas d'erreur.  Finalement, de responsabilité point il n'est question de nos jours.
Oui mais alors, on fait quoi? 
Et bien voilà.  Là est la question, là est le problème crucial. Je ne vois pas de solution ni même de chemin pour en sortir.


C'est pourquoi hier, sur Twitter, je me disais un peu dégouté après 12 ans de débats sur ce réseau et discussions parfois rudes, souvent courtoises, toujours moqueuses envers nos élus, leurs défenseurs et fans acharnés.  Ces débats se font avec toutes les citoyennes constructives et tous les citoyens positifs (sans écriture inclusive) qui veulent donner un avis, se moquer ou critiquer l'évolution de la société et pourtant, aucune ligne ne semble jamais bouger parmi les participants.

En clair, j'ai perdu la flamme de l'argumentation et j'ai attrapé la flemme du laisser faire.
Est-ce que je crois que des écolos qui veulent lutter contre le dérèglement climatique ET contre le nucléaire dernière génération peuvent nous apporter des solutions? Non.
Est-ce que je crois que des libéraux qui protègent les rentiers en se gargarisant défenseurs des petits indépendants peuvent nous apporter des solutions? Non.
Est-ce que je crois que des socialistes qui se disent défenseurs des démunis en étant de véritables machines à produire des parvenus peuvent nous apporter des solutions? Non.
Est-ce que je crois que les autres partis, vu leur faiblesse ou leur vision extrémiste ou binaire de la société peuvent nous apporter des solutions? Non.

En un mot, est-ce que je crois que la politique peut encore nous apporter des solutions? Non.

Je crains que l'on évolue vers un monde du chacun pour soi, où la vie en société sera gérée par le besoin instantané et les regroupements et alliances temporaires et ponctuelles pour des buts à visée égoïste et immédiate.
Je pense que l'âge d'or de la gestion cohérente et structurée de la cité est arrivé à sa fin et qu'on le doit à tous ces élus qui n'ont jamais vu que leur intérêt personnel ou leurs dogmes et n'ont jamais été capables de se remettre en question pour un mieux commun.
Je pense que le citoyen - avec sa mémoire des actions politiques à 2 semaines et son manque de culture du débat et de curiosité de comprendre les choses qui ne le touchent pas directement - ne peut pas se prendre en main.

Je pense qu'il ne fera pas beau demain, comme un certain mouvement positif veut nous en présenter l'avenir parce que l'on essaiera toujours de construire de beaux étages sur des fondations pourries.

Et sur ce, je vous souhaite un beau printemps, confiné ou pas, en 3eme vague ou pas, en mode darwinien ou pas.

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