Participer à "Il fera beau demain": pour ne pas avoir de regrets

Sur Twitter, plusieurs se sont évertués à me rappeler combien participer à "Il fera beau demain" était du temps perdu puisque "ce sera de toute manière un simple lifting du cdH, parti de pouvoir conservateur implanté dans des racines chrétiennes, partenaire de partis extrêmement à droite au niveau européen".
Si c'est le cas, je pourrais en effet perdre mon temps à participer à ce genre d'activité et/ou à apporter une quelconque "caution citoyenne" (aussi faible fut-elle) pour un travail qui ne changerait rien à la donne politique.  Mais est-ce vraiment le cas? 

Soyons clair et transparent, ma préférence aurait toujours été à une recomposition de la politique francophone/wallonne: il y a des libéraux sociaux qui ne se sentent pas bien dans un parti agressif refuge de la droite économique et sceptique, des écologistes non convaincus que s'affranchir de tout nucléaire est une solution à court terme dans un monde qui doit éliminer les rejets liés à la transformation de combustibles fossiles ou des socialistes qui ne pensent plus qu'un parti qui a souvent accepté des dérives internes pour gagner des voix soit une solution dans une démocratie où le citoyen a besoin de confiance. 
Je n'y crois plus: le momentum semble passé et le changement n'est pas venu, sans doute parce que les personnes dans ces partis qui auraient pu incarner ces visions et partir créer autre chose avaient plus à perdre à quitter leur position actuelle.
Le changement, si changement il doit y avoir, ne peut plus venir que de la base et donc, d'une colonisation citoyenne d'un mouvement en mutation.
Je vous ai déjà expliqué en long et en large pourquoi, faute de moyens et d'accès aux médias, je ne croyais plus à l'accès au pouvoir d'un mouvement citoyen partant de rien ou à la capacité d'un mouvement "apolitique" de vraiment influencer cette politique de l'extérieur.
C'est dans cette optique que ces derniers mois, j'ai consacré une partie de mon temps à faire des propositions "éthique et gouvernance" dans le cadre du mouvement (qui se veut positif) "Il fera beau demain".


De nouveau, ce sera peut-être du temps perdu si en fin de compte, l'équilibre interne de ce nouveau mouvement, qui a l'avantage de partir avec les moyens et les accès aux médias du cdH mais qui à aussi le désavantage de partir avec les moyens et les accès aux médias du cdH 😀 ne change pas.
En effet, il peut être compliqué de proposer des changements radicaux à un mouvement qui a déjà une assise parlementaire, des élus locaux, bref, du pouvoir et des élus qui ont une expérience de vie particratique et des habitudes issues de la politique du passé, voire des militants "ambitieux" qui n'ont aucune envie de partager les décisions et les évolutions de "leur" parti avec des néophytes.
Mais comme j'aime à citer une phrase qu'utilise souvent quelqu'un qui m'a appris pas mal de chose dans le domaine de la politique: "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait." - Mark Twain
 
Pour qu'un vrai changement arrive en interne de ce mouvement et qu'il prenne alors une tournure plus citoyenne, plus participative et moins traditionnelle, il n'y a qu'une solution.
Il n'y en a pas cinq, pas trois ni même deux: la seule solution est que les personnes qui veulent que cela change, que l'ouverture d'esprit et la co-construction des idées soient des piliers incontournables des futures décisions politiques - toujours dans le respect de valeurs démocratiques et humanistes (en gros, la déclaration des droits de l'Humain) -  prennent la majorité des voix qui comptent dans ce mouvement.
S'il n'y a que 15 ou 20% de gens qui veulent changer la manière de faire de la politique dans ce "nouveau" mouvement (qui ne sera dès lors pas très nouveau), l'échec sera au bout du processus.
En attendant, les signes sont positifs.  Je ne parle pas des décisions prises actuellement par le cdH.  En effet, les élus actuels sont des élus qui ont été mis en place avec le fonctionnement traditionnel des partis, il n'y a pas particulièrement de raison qu'ils aient eu l'illumination et que soudain, ils se mettent à faire de la politique autrement.
Non, mais le processus actuel, géré par le CPCP, est bel et bien participatif: les avis transmis ont été constructifs et ont permis l'ouverture au débat, en faisant fi de nombre de dogmes et d'idées préconçues.  La co-construction, pour ce que j'en vois, est au rendez-vous. 
L'ouverture est importante: tout qui veut - dans le respect de certaines valeurs - donner un avis peut le faire.  Le meilleur exemple étant mon intervention ci-dessous, qui ne propose pas vraiment des solutions qui feraient plaisir à nombre de politiciens actuels: 


Je pense donc que le processus en cours pourrait amener une vision différente et une possibilité de faire de la politique autrement, si les citoyens s'y investissent et donnent sa chance à cette initiative qui ne sera citoyenne que si les gens constructifs se donnent la peine d'au minimum y consacrer un peu de temps pour y proposer du changement et/ou y soutenir ceux qui sont prêts à essayer de le faire.

Après, il se peut tout à fait que les circonstances (élections anticipées, main mise de la particratie sur la fin du processus, etc.) fassent qu'à la fin, rien ne change et que ce soit un gros constat d'échec. 
Mais comme mieux vaut avoir des remords que des regrets, faisons en sorte que si cette initiative peut amener une sortie vers le haut des crises actuelles, on lui donne toute sa chance.
C'est ce que j'essaie, à mon petit niveau, d'apporter. 

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