La police de la pensée aurait-elle migré à gauche?

Depuis le roman "1984", on a toujours associé le totalitarisme qui entraîne la censure et la répression à l'extrême droite et au fascisme, voire au conservatisme.  
Les exemples les plus récents de notre société furent les destructions culturelles organisées par les nazis avant la seconde guerre mondiale (autodafé - 1933) ou simplement celles mises en oeuvre par l'état islamique contre les merveilles culturelles du berceau de l'humanité (Mossoul - 2014).
Pourtant, est en train d'apparaître un nouveau front dans cette lutte pour le bâillonnement de la libre pensée d'un endroit que l'on n'aurait pas imaginé: du côté des progressistes.


L'humour raciste existe certainement.  En ce sens que quand un humoriste, hors de son travail, démontre des penchants pour le rejet de l'autre ou de certaines franges de la population, on peut le taxer de raciste.  S'il en use dans son travail, c'est qu'il fait de l'humour raciste.  L'exemple le plus connu est bien évidemment Dieudonné, ce qui m'a toujours abasourdi sachant qu'il était issu d'une minorité discriminée. Soit.
Par contre, quand l'humour est fait par des personnes qui n'ont pour seule caractéristique non solidaire avec les communautés de ne pas avoir la bonne couleur ou ne pas être né au bon endroit, je m'inquiète des cris d'orfraie poussés par certains responsables politiques.

Quand un blanc non raciste (parce que toute sa carrière démontre qu'il n'a jamais fait de traits d'humour gratuits pour fustiger une communauté) est taxé de raciste, voire dénoncé au groupe responsable de porter plainte pour discrimination par des élus de la nation, cela va trop loin.
Lorsque Christophe Bourdon fait une chronique où il s'attaque à la censure contre "Autant en emporte le vent" et "Fawlty Towers", il est démonté dans certains milieux alors qu'il a raison sur le fond mais qu'il n'a pas le profil pour pouvoir le dire.  Il aurait du expliquer ce point.
Sa réaction peu maline via le corona virus et les "mains coupées" démontre surtout un mauvais goût certain et une incapacité à savoir quand laisser pisser le mouton. 
Lorsque Jérome De Warzée fait une chronique où il utilise le terme "nègre" (= l'écrivain fantôme utilisé par des prête-noms connus) pour dénoncer les fautes d'orthographe d'un auteur peu inspiré par le flamand sur une plaque liée à la reconnaissance des exactions en Afrique par la Belgique, c'est au plus peu drôle et au moins une faute de goût.  
Mais accepter que des hauts-reponsables politiques en fassent une lutte contre le racisme, c'est inacceptable pour une personne qui aime la liberté de penser.

Je veux réagir car en tant que "homme blanc privilégié", je trouve que l'on commence à sérieusement vouloir éliminer tout ce qui gène, même venant de personnes relativement insoupçonnables d'amitiés avec l'ennemi extrémiste.

D'abord, les féministes m'ont demandé de me taire sur les débats liés au harcèlement.  En effet, qu'est-ce que je pouvais savoir, moi, homme blanc privilégié sur les souffrances des femmes? 
Le fait d'avoir été harcelé enfant en tant que roux, petit-gros, intellectuel et gamin (ayant un an d'avance) n'avait pas le droit de cité.  En effet, seul le harcèlement des femmes est un "bon harcèlement".  Soit.
Le fait d'avoir deux filles en âge de subir le harcèlement de rue et toutes les conneries de gros lourds mal éduqués qui se baladent impunément sur la voie publique ne me donnerait pas non plus visiblement une vision pondérée de la chose. Soit.

Maintenant, les anti-racistes me disent que je ne peux pas donner mon avis sur le racisme.  En effet, comment, moi, homme blanc privilégié pourrais-je savoir ce que c'est que le racisme?
Le fait que mes grands-parents aient tous fini sur les routes puis dans des camps malgré la blancheur de leur peau durant la seconde guerre mondiale ne serait donc que détail de l'Histoire face au grand-complot raciste que l'on trouve même dans l'humour déplacé.

Et bien non, je pense qu'être blanc, privilégié et d'avoir fait des études n'empêche pas d'avoir un certain niveau de réflexion et de pouvoir donner des avis sur des sujets bien plus complexes que ce que certains de nos élus ne veulent (peuvent?) voir.  C'est une question de prise de hauteur.
Oui, un blanc privilégié éduqué peut avoir des idées réfléchies et intelligentes sur tout sujet et s'être renseigné par bien des chemins d'information pour se forger une opinion et même souvent être d'accord avec le main stream des non-blancs et des femmes.
 
Vouloir rester "entre soi" pour défendre des valeurs est, selon moi, une erreur critique pour ceux qui veulent faire évoluer la société.  En dualisant la société et en compartimentant les gens, ils font exactement ce qu'ils reprochent à leurs opposants de faire et ils amènent les plus ouverts à leurs causes à devoir se défendre contre la police de la pensée et donc, abandonner les causes qu'ils pourraient soutenir.
C'est contre-productif et c'est même, toujours selon moi, une erreur politique. 

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