Arrêter la réflexion "en chambres", demander au citoyen.

Dieu m'est témoin (en tant qu'agnostique, c'est pour dire) que je n'ai plus confiance dans "les gens" pour prendre des décisions réfléchies et de long terme devant des problèmes qui ont un impact émotionnel.
Il m'est également témoin que je n'ai plus aucune confiance dans "les politiques" pour avoir des visées à long terme qui ne s'arrêtent pas à la prochaine élection et qui ne cherchent pas toujours à faire plaisir à leurs électeurs.
Actuellement, les décisions pour l'après-Covid sont envisagées entre politiques et experts sanitaires.
Les chercheurs se plaignent qu'ils ne sont pas assez pris en compte et proposent leur aide via une "tripartite politique, médias, monde académique".
Je comprends leur point de vue. 
Je pourrais être d'accord avec eux mais, une nouvelle fois, quelque chose - ou plutôt quelques personnes - manquent à leurs réflexions...


En effet, il manque une nouvelle fois une catégorie très importante: les "témoins de vie".
Bien évidemment, c'est plus compliqué d'écouter les gens au "cas par cas" que de se fier à des chiffres, à des statistiques, à des idées "moyennes".  Mais ce n'est pas la vrai vie.
On me dira que ces gens sont normalement représentés par des "représentants de la société civile".  C'est malheureusement de moins en moins vrai. En effet, ces associations sont de moins en moins représentatives et même lorsqu'elles le sont, elles ne présentent parfois vers l'extérieur que l'avis de leur porte-parole ou de quelques-uns à leur tête.
Et ce n'est pas une critique sur le manque de démocratie interne des associations - même si j'ai à l'esprit l'un ou l'autre exemple où l'association est clairement manipulée par son représentant pour faire passer son avis personnel - mais bien sur le manque d'investissement - souvent compréhensible - de ses membres.

Comme je le disais en introduction, je suis le premier à ne plus penser que la solution "démocratie directe" dans un monde d'émotions soit une solution.  En effet, les gens n'ont pas le temps de s'investir dans les débats (quoi qu'avec la crise #Covid, certains devraient avoir le temps de se poser et de s'intéresser à la gestion de la cité, soit...) et ils préfèrent réagir comme leur instinct le leur dicte, ce qui est souvent contre productif pour des décisions qui doivent se prendre pour le plus grand nombre, avec une vision à long terme.
Je ne reviendrai pas - une nouvelle fois - sur la solution que je prône pour résoudre cette quadrature du cercle en utilisant une autre méthodologie (la démocratie délégative) vu que j'ai compris que trop d'obstacles étaient encore présents.
Ceci dit, l'argument souvent mis en avant de la "fracture sociale" ne me semble plus réellement d'actualité pour la majorité: quand tu vois les vidéos "de chez soi" qui passent sur RTL, on est loin de l'époque où l'on expliquait qu'il fallait BAC+5 pour communiquer via le web...
je ne reviendrai pas non plus sur tout le mal que je pense des solutions "tirages au sort" qui sont au mieux totalement dirigées pour faire de la représentativité et au pire potentiellement dangereusement décalées vers une masse influençable par les extrêmes.  En effet, le hasard ne se noie dans les statistiques qu'après de nombreux tirages.  Le premier pourrait être "hors médiane".

Par contre, je reste convaincu que dans certaines circonstances, l'intérêt collectif peut rencontrer la somme des intérêts individuels, si la manière de collecter les retours des individus est intelligemment organisée.
Si l'on détermine des profils de personnes pour représenter un panel de catégorie de la population et que dans ces profils, on cherche des "témoins de vie" qui sont à la fois intéressés à participer à un mouvement global, qui peuvent y consacrer un peu de temps (et cette crise nous démontre qu'avec les technologies actuelles, on peut débattre sans perdre des heures dans des déplacements inutiles) et qui ont un "vécu" suffisant que pour parler de la pratique de tous les jours et pas d'hypothétiques visions statistiques de la réalité, on peut avoir une base de travail solide.

Si après, ces "témoins de vie" sont encadrés par les experts dont nous parlions au début, qui peuvent alors confronter leurs idées et leurs réflexions à des faits concrets, on pourrait avancer vers une solution basée sur de fortes réflexions tout en restant relativement pragmatique.

La désobéissance d'une partie de la population juste avant le confinement, les scènes aberrantes que l'on a vu dans les magasins, au début pour le papier toilette ou maintenant pour le bricolage (et appréhendons franchement l'ouverture des parcs à conteneurs) surprennent-elles nos penseurs en chambre ou sont-elles logiques et nos responsables agissent-ils en connaissance de cause, en mesurant les risques?
Comme la transparence n'est pas la règle, il est difficile de le savoir.
Néanmoins, à supposer que les actuels conseilleurs de nos décideurs soient encore surpris par la réalité du terrain et la vie de tous les jours, ce serait le signe qu'il est temps d'impliquer dans l'équation deux choses:
- la compréhension de la diversité des personnalités des individus, alors que nombre de méthodologies permettent d'en cerner certains contours (Ennéagramme, MBTI, etc.);
- l'acceptation du fait que le gens qui vivent leur vie ont une vision plus réaliste de celle-ci que les gens, aussi compétents qu'ils soient, qui pensent qu'ils ont cette vision via des données d'enquêtes, des statistiques et autres rencontres virtuelles.

Donc, le moment est venu d'impliquer aussi le citoyen, pas de manière aléatoire, mais bien de manière ciblée, en prenant des gens volontaires, qui ont du vécu, qui connaissent les réalités de terrain et qui ne sont pas inféodés à des groupements qui parleraient à leur place.

Je ne sais pas quelle serait la meilleure méthode pour le faire, mais c'est le moment ou jamais.  Les barrières présentielles sont tombées, il faut concrétiser...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Grand retour de l'allocation universelle !

Le vrai perdant des élections au MR, c'est le progrès...

Sauver l'humain plus que l'économie. Oui, mais après?