Défi, RLP, cdH, la particratie mènera-t-elle à une victoire des extrêmes?

Ce samedi, un article de François De Smet, nouveau président de Défi attirait mon attention.  Défi espère toujours percer en Wallonie - après avoir échoué avec la tactique "construction via la base" et la tactique "récupération de déçus d'autres partis" - et ne compte pas envisager d'alliance avec d'autres partis centristes, comme le cdH.  
Cet article fait suite à sa première sortie en tant que président où il expliquait qu'il était prêt à accueillir les membres du RLP (progressistes du MR), sans non plus envisager un groupe commun où chacun aurait ses spécificités.


Faisons un peu de maths:
Défi: parti libéral-social dont la création originelle date de 1964. 
Représentation: 2 députés fédéraux, 10 députés bruxellois, 0 députés  wallons et 3 députés  FWB.

cdH: parti socio-démocrate dont la création originelle date de 1968.
Représentation: 5 députés fédéraux, 6 députés bruxellois, 10 députés  wallons et 11 députés  FWB.

RLP: "branche" libérale progressiste du MR née cette année.
Représentation: nulle mais estimée à un bon 25% des membres du MR => potentiel de 3 ou 4 députés fédéraux, 1 ou 2 députés bruxellois,  4 ou 5 députés wallons et 4 ou 5 députés FWB.

Abstention: plus ou moins 20% des électeurs que l'on peut imaginer se répartir sur toutes les tendances politiques mais dont une partie se base sur un ras-le-bol du manque d'éthique et de proximité de vie "comme les citoyens" de certaines élites politiques.  
Un chiffrage est impossible, mais de mon expérience dans un mouvement qui surfait sur cette envie de changement et qui voulait se positionner pragmatiquement au delà des dogmes "gauche/droite", on peut considérer qu'il y a un potentiel non nul qui pourrait se concrétiser en au moins un élu à chaque niveau de pouvoir si ces candidats étaient présents sur une liste de coalition pour leur donner accès aux médias.
Donc, toutes ensembles, ces "tendances centristes" auraient à minima une force potentielle de 16 à 18 députés bruxellois, de 15 à 16 députés wallons voire de 8 ou 9 députés fédéraux et 19 à 20 députés FWB. 
Cette force de décision aurait un véritable pouvoir politique et pourrait vraiment influencer les choses.

Bien évidemment, chaque mouvement "au centre" a ses spécificités.  Les débats éthiques (IVG/Euthanasie) démontrent qu'on n'aborde pas de la même manière ces sujets chez les militants du cdH que chez les libéraux-sociaux du  MR ou de Défi mais est-ce vraiment incontournable? 
On pourrait sans peine imaginer un mouvement politique laissant une certaine liberté à ses élus mais qui permettrait de donner des avis sans dogme du passé, en recherchant les solutions les plus pragmatiques aux problèmes; en cherchant à ménager aussi bien l'intérêt économique que la solidarité; en cherchant à trouver des solutions qui permettent de sécuriser les richesses d'une société dans son ensemble tout en n'oubliant pas le bien-être et l'émancipation de ses individus ou encore en gardant la capacité à protéger ses populations tout en conservant une capacité d'ouverture envers celles qui sont dans des situations plus précaires.
Certains dans les partis cités ci-dessus semblent convaincus que le "chacun dans son coin" n'est plus une solution ayant un impact aussi utile que si les forces se regroupaient.  "L'union fait la force", comme le dit la devise belge.  Mais entend-on leurs voix?
Apprendre du passé et du problème du FDF (et du MCC) au sein du MR pour montrer ce qu'il ne faut pas faire, c'est à dire répartir les décisions et l'accès au "pouvoir" uniquement sur base de son poids électoral.

Si un mouvement politique se mettait en place sur un principe coopératif - soit un groupe, une voix, même si l'un apporte plus en terme de "valeurs" que l'autre - tout serait possible.


En refusant même d'envisager cette possibilité, alors que personne du côté du RLP ou du futur new cdH n'a encore abordé le sujet, Défi prend la responsabilité de tuer une option qui pourrait rendre de l'espoir à une partie de la population qui en a marre du fonctionnement classique des partis.

Choisir qu'il vaut mieux conserver son "fonds de commerce" et espérer qu'on obtiendra seul la capacité à changer les choses, c'est téméraire ou naïf mais surtout, c'est dangereux.
En effet, en n'offrant pas de perspective différente aux partis traditionnels, on ne laisse que deux possibilités à ceux qui ne croient pas que la solution vienne d'un seul petit parti: soit ne pas voter, soit voter extrême en espérant renverser le système.

Malheureusement, on sait grâce à l'histoire que les extrêmes ne sont jamais des solutions...
Espérons que Défi y réfléchira à deux fois avant de rejeter une solution disruptive.  Autrement, il ne restera qu'à espérer qu'une autre alternative voit le jour et que certains libéraux-sociaux prennent alors ce nouveau train en marche...

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