Le vrai perdant des élections au MR, c'est le progrès...

Les médias et les candidats pourront dire ce qu'ils veulent, les maths sont les maths et les candidats étaient les candidats.
Dans ce bel exercice de démocratie qu'à oser présenter le Mouvement Réformateur (mais avait-il une alternative?), le choix se portait sur des personnes qui représentaient des courants de pensées divers.

Le positionnement que les médias présentaient (et ne soyons pas naïfs, c'est ce que les militants retiennent) était le suivant:
- Un candidat "ex-rebelle" qui semble avoir fait amende honorable suite au poste de sénateur coopté qu'on lui a donné et qui était définitivement catalogué "candidat de l'appareil" et par conséquent de la particratie.
- Un candidat "Francken wallon" qui se positionnait comme dans la ligne "dure" du parti et comme le candidat des militants qui s'opposait aux "barons" du parti.
- Une candidate qui se positionnait comme la défenseur du libéralisme social, du progressisme et du changement.
- Une candidate qui représentait l'aile bruxelloise du parti.
- Un candidat qui se présentait dans la presse écrite comme un partisan du "respect de l'ordre et de l'autorité".

Les chiffres de participation sont incontournables: 55,8% dans une élection par courrier (donc, qui ne prend ni temps, ni ne demande de déplacement).  Cela démontre que même dans un débat qui offre des possibilités incroyables de donner son avis, une grande partie des militants MR s'en carre le coquillard.  On rappelle que l'on parle ici de militants(!), pas de citoyens qui en ont marre de la politique mais bien de personnes qui sont volontairement impliquées en politique.  Ce chiffre est absolument catastrophique pour les partisans de la démocratie ! Le grand gagnant de l'élection interne au MR est donc l'abstention avec 44%.

Viennent ensuite les résultats des candidats: 25% des membres ont voté pour le candidat du parti (qui s'en défend), 14% pour le candidat des militants (?!), 8% pour la candidate libérale sociale, 6% pour le candidat de l'ordre et 3% pour la candidate bruxelloise.

Que peut-on de prime abord déduire de ces résultats? 

D'abord, que si l'on se base sur le positionnement des candidats, le libéralisme social qui était cher à bien des libéraux (mais aussi au candidat Macron - je ne parle pas du président) ne pèse plus que 8% dans le parti que l'on continue à appeler "libéral" mais qui n'est visiblement plus valable pour tous les "libéralismes".
Il est maintenant clair que les électeurs qui ont cette fibre politique sauront qu'ils ne seront sans doute plus représentés dans ce mouvement en cas d'élection et qu'ils devraient - sauf en cas d'élections locales où les candidats se positionnent comme tel - porter ailleurs leur soutien.
Ensuite, il semble clair que si l'on est un citoyen qui s'oppose au conservatisme médiatiquement représenté par le positionnement de D. Ducarme et la particratie médiatiquement représentée par GL Bouchez depuis son retour dans le giron de l'appareil, on ne peut plus non plus se sentir supporté par le Mouvement Réformateur.
Lors des élections "externes", le MR ne se positionne jamais vraiment entre les progressistes et les conservateurs car il essaie d'obtenir tous les votes possibles. Dans cette élection interne, on voit clairement que les progressistes n'ont pas gagné et qu'ils ne sont pas soutenus en interne.

C'est une belle clarification dans un paysage politique qui reste mouvant et qui, pour moi, doit plus que jamais envisager une recomposition pour arrêter de mentir aux électeurs et choisir un camp face à une Flandre (et une partie de l'Europe) qui bascule de plus en plus dans le camp du conservatisme et face à une gauche francophone qui a depuis des années choisi le camp de la particratie sclérosante.

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