Sortir du nucléaire en luttant contre le réchauffement, possible?

Si je n'ai pas été "bien" accueilli chez Ecolo il y a quelques années alors qu'au niveau de l'éthique, de la gouvernance et de la sauvegarde de la biodiversité, cela reste le parti qui m'est le plus proche, c'est pour deux raisons principales.

La première, c'est que j'ai toujours assumé mon côté "social libéral" qui sous-entend que l'équité est plus importante que l'égalité: on ne doit pas donner la même chose à chacun, mais permettre à chacun de partir avec des armes égales et puis, laisser ceux qui s'investissent plus pour faire avancer la société prendre de l'avance.
C'est en fait le principe de base de l'allocation universelle défendue par le parti Pirate: un plancher permettant de vivre correctement (besoins) mais la possibilité de s'investir plus pour gagner plus (envies) tout en y mettant un plafond.  Ça semblait trop "à droite".  Soit.


La seconde, c'est que je n'ai jamais été convaincu que le nucléaire devait être rejeté de manière dogmatique.  Je suis bien évidemment convaincu que les déchets sont un problème qui doit être investigué et que s'il n'y a aucune solution "propre", on doit sortir du nucléaire "le plus vite possible" pour arrêter de produire des déchets dangereux dont on ne sait que faire.  Je suis également convaincu que la sécurité doit être la plus grande priorité et qu'en Belgique, les centrales sont trop vieilles pour continuer ainsi sans se poser de questions.

Par contre, selon le GIEC, pour rester à 1,5 °C, les émissions de CO2 doivent chuter drastiquement avant 2030 (-45 % d'ici 2030), et le monde doit atteindre une "neutralité carbone" en 2050 (autrement dit, il faudra cesser d'envoyer dans l'atmosphère plus de CO2 qu'on peut en absorber, et ne plus se permettre que des émissions « résiduelles »).

Si on regarde l'évolution de la consommation mondiale d'énergie primaire par type d'énergie ou leur production, on se rend compte que pour avoir le niveau actuel de services, il y a eu sur 35 ans une explosion particulièrement présente pour l'énergie basée sur du combustible carboné (charbon et pétrole).
Si l'on regarde l'évolution des énergies renouvelables et hydrauliques jusqu'en 2015, on voit qu'on est loin, très loin de pouvoir répondre aux demandes du GIEC.


Pour sortir du nucléaire, il n'y a pas 36 solutions, il y en a trois:
  • Par des économies d’électricité, ce qui rend inutile la production abandonnée,
  • Par de la production à base de combustibles fossiles,
  • Par de la production à base d’énergies renouvelables.
La seule manière efficace de faire baisser rapidement la consommation d’énergie est soit de la rationner, soit de monter son prix réel.  Pas certain que les citoyens soient d'accord.
Actuellement, les pays qui se sont passés du nucléaire (tel que le Japon) l'ont fait via l'augmentation du gaz, du charbon et du pétrole (fossiles).  Donc, pas via les énergies renouvelables.
Pour augmenter les énergies renouvelables, il faut soit compter sur l'ensoleillement (intermittent, surtout en hiver), sur le vent (intermittent tout le temps) ou sur l'hydroélectricité (uniquement là où il y a des zones avec de l'eau et du courant).
Je ne dis pas que c'est impossible, mais je pense qu'avec les délais proposés par le GIEC et le fait que - qu'on le veuille ou non - ce qui n'est pas rentable est rarement développé, on est quasi dans une impasse.

Donc, une nouvelle fois, même si je suis contre le nucléaire, son insécurité et ses déchets encombrants, je continue à penser qu'au niveau mondial, on n'a pas vraiment le choix et qu'avant de penser à se débarrasser de cette énergie, il faut déjà trouver une solution plus concrète pour se débarrasser de tout ce qui rejette du carbone, et ce n'est déjà pas une sinécure ! 

C'est d'ailleurs ce que semblaient penser les verts finlandais en milieu d'année passée (voir cet article)

En conclusion, je ne demande qu'à être convaincu et qu'à ce qu'on me démontre avec des chiffres qu'au niveau mondial, une alternative permettant d'atteindre les critères du GIEC est réaliste.
En attendant, je conserve une position qui m'exclut de facto de la mouvance Ecolo francophone tout en pensant que ce sont ceux qui, dans ce domaine, ont le plus de cartes en main pour changer les choses. 

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